De l'hospitalité des habitants de Takamatsu

Publié le par Zazen Rouge

C'est généralement une agréable surprise pour les touristes étrangers : les Japonais sont accueillants. Mais cela s'exprime encore mieux à la campagne et dans les villes de taille réduite. Takamatsu n'est pas une exception à ce sujet. Nous avons pu le vérifier dès le petit déjeuner, lorsqu'une dame de cantine de l'Université de Kagawa nous a offert des gâteaux parce que nous l'avions aidé à traduire quelques mots d'espagnol. Peu de temps après, nous enfourchons nos vaillants destriers (et par destriers, j'entends vélos) et filons les cheveux dans le vent à travers les allées couvertes de la ville. Les pneus crissent devant une première boutique de thé (茶舗 – chaho). Les propriétaires nous ont gentiment présenté leurs boîtes à thé, leurs kyûsu (急須 – petite théière traditionnelle), leurs sets mini-bol/boîte à thé/fouet en bambou/cuillère à thé pour pouvoir faire son matcha n'importe quand, n'importe où...

Divers 0004J'avais envie d'écrire un jeu de mot avec "pas de bol", mais en fait non.

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Plus classe que chez Mariages Frères

Dans son immense bonté, Nobuko-san nous emmène notre troupe au Musée de Kagawa sans perdre un seul d'entre nous, malgré nos dispersions fréquentes pour photographier l'autochtone. C'est l'heure de jouer aux grands touristes (autrement dit, se déguiser). Les garçons en armure de samouraï (大鎧 – ooyoroi) et la fille en costume de princesse du Moyen-Age. Et pour nous prêter main forte, le personnel du musée a fait appel à des collégiens de Takamatsu, qui nous vêtissent en un tour de main. Peut-être ai-je déjà mentionné que mettre un kimono, pour une personne peu expérimentée, peut prendre une heure si l'on n'est pas aidé. Songez alors à ces dames de l'époque Heian (794 – 1185) et leurs somptueux jûni-hitoe (十二一重 – littéralement, « kimono à douze couches). Le vêtement en question pouvait comporter moins de douze couches, mais aussi parfois beaucoup plus. Un réel poids sur les épaules, mais ne dit-on pas qu'il faut souffrir pour être belle ?

Divers 0018Jeter négligemment son kimono du XIIème siècle sur le plancher

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Combat acharné de sumos de papier (紙相撲 - kamizumô)

A notre étonnement, les collégiens ne sont pas farouches, et certains font même l'effort d'entreprendre la communication en anglais. Un groupe de filles adorables s'est livrée à une démonstration de toutes sortes de jeux : bilboquet, toupies, daruma-otoshi (une sorte de Jenga japonais se jouant avec un maillet), sumos de papier, origami, yoyo, théâtre illustré (紙芝居 – kamishibai)... On m'affuble d'un chapeau de prêtre shintô pour que j'exécute une danse sacrée : rires garantis ! Une jeune fille me montre trois pierres suspendues à des fils. Lorsqu'elle les frappe avec une baguette, elles émettent un son clair tout à fait étonnant. Il s'agit de pierres locales dénommées sanukaito.

Divers 0052"Je meurs, je meurs, je meurs!"

Nous nous sommes bien amusés avec les collégiens, si bien qu'il ne nous reste que peu de temps pour visiter le reste du musée, à travers lequel nous nous précipitons. L'exposition permanente est pourtant intéressante et ludique. On peut y voir entre autres de beaux paravents et cartes de l'ancienne région de Sanuki, la reconstitution d'une salle de classe de l'ère Meiji (1868 – 1912), de fantastiques affiches de propagande datant de la guerre sino-japonaise, et un kit de cérémonie du thé en plein air (野点 – nodate) de laque noire et dorée qu'une jeune épouse avait apporté pour une union entre la famille des seigneurs Ii et celle des Matsudaira pendant l'ère Edo (1600 – 1868).

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En France, on a le Happy Meal à emporter. Au Japon, ils ont le Tea Meal.

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Affiche de propagande japonaise prônant une offensive contre la Chine

Mais les estomacs grondent, et nous nous dirigeons vers un restaurant d'okonomiyaki. Mes lecteurs familiers de cette galette japonaise à base de chou, de farine de blé et d’œuf (à l'exception d'un seul, mais il boit l'eau à même la carafe, on ne peut donc pas lui faire confiance) saliveront en pensant à celles que nous avons dégustées ce midi. Classique au porc pour les touristes, plus originale aux huîtres pour Nobuko-san. Le chef et son équipe nous questionnent avec intérêt : « Comment appellerait-on les okonomiyakien France ? » Probablement la crêpe ou la pizza japonaise. En vérité, on ne les appelle pas, car trop peu de restaurants en proposent. A Paris, vous pouvez en consommer à Aki et quelques rares établissements de la rue Saint Anne.

Divers 9237Et voici le grand jeu du jour: véritable okonomiyaki aux huîtres ou reproduction en cire?

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L'équipe des Muchûjin avec celle du restaurant d'okonomiyaki Tamiya

Je vous laisse – rassasiés je l'espère – sur ces lignes et vous raconterai le reste de notre journée dès que j'en aurai l'occasion ! Oh, j'allais oublier, vous pouvez consulter la rediffusion de notre premier live sur la chaîne de Guillaume ici.

Publié dans Shikoku Muchujin

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Jean-François Inisan 11/11/2011 18:53



Coucou Julia,


 


J'ai enfin eu l'idée de me brancher sur ton blog. Ca donne super bien à voir ce que vous faites. Je diffuse, je diffuse;


Fanch