祇園をどり - Gion Odori

Publié le par zazen-rouge.over-blog.com

Si odori ( 踊り) est un terme utilisé pour désigner la danse de façon générique, il s'écrit parfois wodori ( をどり) et semble faire dans ce cas plus particulièrement référence aux danses des hanamachi de maiko et geiko. Chaque hanamachi possède sa propre danse annuelle pour laquelle maiko et geiko s'entraînent avec ardeur. La première danse qu'il m'ait été donné de voir est celle de Gion Higashi, intitulée Gion Odori . En 2009, sa 52ème édition avait lieu du 1er au 10 novembre au théâtre Gion Kaikan.

 

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La scène de Gion Kaikan

 

La première danse, Kachôzan ( 華頂山) était une scène mettant en valeur les maiko dans un paysage de cerisiers en fleurs. L'action se déroulait devant la plus grande cloche du Japon, celle du temple Chion-in, maison mère de la Secte de la Terre Pure (Jôdo-shû). Les maiko portaient dans leurs cheveux des ornements représentant des chrysanthèmes jaunes, associées au mois de novembre.

 

La deuxième danse, Sanpô shômen mamuki no neko/Nuke suzume ( 三方正面真向きの猫・抜け雀), était un délice pour les yeux! Le temple Chion-in héberge sept merveilles. L'une d'elles est une superbe peinture d'une chatte et son petit. On dit que les yeux de la mère vous suivent du regard qu'importe la direction où vous alliez. Un des autres trésors est une peinture de chrysanthèmes sur une des portes du temple. La légende veut que le peintre Kano Nobumasa ait dessiné des moineaux si réalistes au dessus des fleurs qu'ils se sont enfuis à tire-d'aile. La danse, exécutée par cinq geiko, mettait en scène félins et moineaux sautant hors de leurs peintures, les premiers pourchassant joyeusement les seconds. Les gestes des geiko étaient incroyablement expressifs et elles avaient l'air de tellement s'amuser qu'on avait presque envie de sauter sur scène pour les rejoindre!

 

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Les geiko Mariko et Hinagiku dans le rôle des chats échappés de leur peinture

 

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Les geiko Tsunemomo, Masami et Tsuneyû dans le rôle des moineaux

 

La troisième danse s'intitulait Wasuregasa ( 忘れ傘). Elle parlait d'un parapluie oublié dans le toit du Chion-in et supposé protéger le temple du feu. On raconte que l'ombrelle aurait été oubliée là par le charpentier Hidari Jingoro, ou encore que ce serait le cadeau d'un renard blanc qui assurerait la protection de l'édifice. La pièce incluait la danse du charpentier, suivi d'un solo de danse magistral par Tsunekazu, une geiko plus âgée dans le rôle du renard.

 

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La geiko Tsunekazu avant sa transformation en renard

 

La quatrième danse, Uguisu-bari no rouka ( 鶯張りの廊下), parlait elle aussi d'une merveille du Chion-in, le parquet rossignol. Si vous avez lu la saga de Lian Hearn "Le clan des Otori", vous avez déjà entendu parler de ce parquet conçu pour émettre un grincement lorsque l'on marche dessus afin de signaler la présence d'intrus. Le plancher rossignol n'est pas un mythe. Vous pouvez en parcourir un au château de Nijô à Kyôto, c'est très agréable quand on a les pieds nus! Mais c'est évidemment bien plus gracieux quand ce sont des geiko qui font mine de s'enfuir à travers les couloirs du Chion-in en tentant de survoler les lattes.

 

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Les geiko Masami, Mariko et Tsuneyû sur le parquet rossignol

 

L'avant-dernière danse se nommait Oo shakushi ( 大杓子), la Grand Cuillère. Elle décrivait le combat du guerrier Miyoshiseikai, qui aurait repoussé ses assaillants à la bataille d'Osaka à l'aide d'une grande cuillère en bois. La cuillère géante est bien apparue sur scène, dans un effet des plus comiques!

 

Le final, Gion Higashi Kouta ( 祇園東小唄), était dansé par toutes les maiko et geiko sur fond de feuilles d'érables rouges. Quelle beauté!  Gion Kouta est une chanson dont chaque hanamachi possède sa propre version. Hormis la photo du final qui est de moi, il vous faudra vous contenter des photos du programme car il est interdit de prendre des photos de la représentation, et que j'ai préféré profiter de la performance avec mes yeux! (Pour ceux que ça intéresse, on trouve des photos très réussies des danses sur Flickr.)

 

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La maiko Ryoka, la geiko Tsuneyû et la maiko Kanoyumi lors du final

 

Gion Odori était magique et m'aura complètement envoûtée. J'en profite pour lancer un appel au soutien de Gion Higashi, qui semble peiner en ce moment à se faire connaître alors que ses maiko et geiko sont si talentueuses! Si vous êtes à Kyôto pour la saison des érables rouges, je vous prie d'aller voir Gion Odori. 4000 yens, c'est un peu cher, mais vous ne les regretterez absolument pas!

Publié dans Zazen Geisha

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