Le Japon doit vivre

Publié le par Zazen Rouge

Toutes les photos qui figurent dans cet article sont la propriété de mon frère Théo Inisan, que je remercie pour le soutien continu qu'il m'apporte.

 


 

J'ai longuement hésité avant d'écrire ce billet, de peur d'être mal comprise ou que mes mots trahissent ma pensée. Ce qui a motivé la rédaction de ce texte, c'est cet article émouvant écrit par Kaeru, grande amoureuse du Japon. Je ne vais pas vous cacher plus longtemps que nos pensées diffèrent fortement autour de la question : que signifie voyager au Japon après Fukushima ? Je ne peux réprimer le désir de répondre ici aux arguments poignants qu'elle a évoqués. Veuillez néanmoins garder à l'esprit que je respecte entièrement la sincérité des propos de Kaeru et son initiative, malgré la divergence de nos opinions, et je vous encourage à lire son blog avec assiduité !

 

Fukushima : où se trouve la vérité ?

Après l'accident nucléaire qui a dévasté la centrale de Fukushima Daichi et ses environs, Français comme Japonais se demandent à juste titre quelles seront les conséquences de cette catastrophe. Difficile de se fier aux bilans édulcorés fournis par les autorités officielles, ou aux messages rassurants diffusés par les industriels ! Les conséquences sont déjà pourtant dramatiques sur toutes sortes de plans : santé, moral, environnemental, économique... Et il est probable que personne ne puisse à l'heure actuelle mesurer toutes les répercussions du sinistre. Nous avons bien hélas un précédent avec l'accident de Tchernobyl, mais le contexte était sensiblement différent, ne serait-ce qu'au niveau géographique, et nous ne pouvons affirmer que le sort de Fukushima sera identique à celui de sa malheureuse consœur ukrainienne. Une chose est sûre, les habitants de Fukushima et des préfectures voisines ont déjà commencé à payer le prix de cette catastrophe générée par l'Homme.

03Le mont Bandai dans la préfecture de Fukushima

Face à la difficulté d'évaluer avec exactitude la situation, il est impératif de ne pas oublier ce qui a eu lieu et de s'informerà l'aide de sources diversifiées. Il existe en ligne de nombreux sites consacrés à l'observation des évolutions liées à l'accident de Fukushima. Mon but n'est pas de les mentionner tous, mais je souhaite souligner le travail remarquable fourni par Les Veilleurs de Fukushima. Outre les pages et articles cités par Kaeru dans son article, vous pouvez aussi visiter la section du Japan Real Time intitulée « Fukushima Watch », qui fournit des indications variées et régulières. Pour quelques encarts intéressants sur les liens entre l'industrie du nucléaire et la mafia japonaise, vous pouvez parcourir le site Japan Subculture Research Center, même si l'information y est déjà un peu plus orientée.

55Petite grenouille japonaise (アマガエル - amagaeru) dans le jardin de ma famille d'accueil à Kitakata

Un constat qui peut surprendre est que les Japonais semblent parfois ignorer les dangers auxquels ils font face. Ma propre famille d'accueil, originaire d'une ville de montagne de la préfecture de Fukushima, m'a dit après le séisme : « Le sol de la salle de bain s'est fissuré, mais tout va bien ! Les radiations ? Oh, ne t'inquiète pas, nous ne sommes pas les plus touchés ! » Ce n'est qu'une supposition de ma part, mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'un déni collectif. Les citoyens japonais sont évidemment très inquiets au sujet de leur avenir. Il suffit de voir l'indignation et le désespoir sur le visage des parents qui ne peuvent retenir éternellement leurs enfants à la maison et doivent se résigner à les laisser jouer dehors. Sur Facebook, des Japonais d'habitude discrets quant à leurs opinions politiques protestent avec véhémence contre le redémarrage des centrales. Dans une culture où le peuple est habitué à prendre son mal en patience (我慢する – gaman suru), les manifestations s'opposant à l'énergie nucléaire prennent une telle ampleur que l'on évoque maintenant une « Révolution des Hortensias ». Voyez ainsi ce document sur le site de Kibô Promesse (l'association désapprouvera certainement mon message personnel, mais n'en fournit pas moins un travail méritoire d'information et de charité!).

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Alors pourquoi les Japonais persistent-ils à vous assurer que « tout va bien ? » Peut-être parce qu'ils sont peu accoutumés à se plaindre, qu'ils préfèrent aller de l'avant, ou qu'ils n'ont tout simplement pas d'autre choix que de passer à autre chose. On se rappelle avec admiration la pudeur dont avaient fait preuve les sinistrés que l'on voyait sur tous les écrans l'année dernière. Je vous parlais précédemment d'un recueil de poèmes confectionné par des habitants de Fukushima. Bien que l'ouvrage ait été conçu pour dénoncer les conséquences de l'accident, les multiples auteurs ont fait le choix de n'écrire que des poèmes positifs. Je crois que cette décision illustre bien cette grande force des Japonais, qui parviennent à surmonter les obstacles les plus cruels sans se laisser abattre.

 

Ces fous furieux qui vous enjoignent à aller au Japon

J'ai entendu des critiques très vives, venant des fois de nipponophiles des plus respectables, à l'égard des personnes qui continuent de promouvoir le tourisme sur l'archipel. Pardonnez-moi si je me dépare de toute objectivité dans les paragraphes suivants, mais c'est là un fait qui me touche particulièrement. Car outre le fait que je sois directement concernée par ces condamnations, elles touchent surtout des amis, en France et au Japon, qui sont parfois mis à l'égal de criminels. J'aimerais pouvoir ajouter quelques fondations au débat afin d'expliquer les sentiments qui nous animent, moi comme d'autres, à vous encourager à vous rendre sur un sol qui souffre encore des blessures de l'an passé.

02Le fameux torii de Miyajima

Un argument auquel je m'oppose avec virulence est que soutenir le tourisme au Japon, c'est soutenir l'industrie du nucléaire. Inutile de vous exposer ici la façon dont je vote, vous aurez deviné que je n'ai jamais marché main dans la main avec Areva (et c'est peut-être dommage pour mon porte-monnaie, soit!). Pas plus que la mère de famille qui vous prépare votre okonomiyaki dans une cantine locale ne reçoit de contrat de la part de TEPCO. Les choses ne sont pas aussi simples, même si une économie dynamique peut effectivement présenter de belles opportunités pour l'industrie du nucléaire. Lorsque je me suis rendue en novembre dernier à Shikoku avec mes compagnons blogueurs, je me suis étonnée du nombre de personnes qui nous ont remerciés. « Merci ! Merci d'être venus nous rendre visite. Vous savez, nous voyons si peu de nouveaux visages depuis la catastrophe... » Merci ? Tout le plaisir était pour moi ! Peut-être ai-je tout à fait tort, mais je crois du fond du cœur que les Japonais ont besoin plus que jamais que l'on vienne à eux. Que l'on ne les traite pas en parias. Que l'on ne qualifie pas leurs efforts d'inutiles. Et que l'on ne contribue pas davantage à faire de leur maison un lieu de mort et d'oubli.

37Mer intérieure de Seto

Certains guides, accompagnateurs freelance, ou amis résidant de longue date au Japon, font les frais de polémiques qui les accusent d'être des inconscients, voire parfois des meurtriers calculateurs. Ils feraient leurs choux gras en mettant en danger leur clientèle. Pourtant, aucune de ces personnes de mon entourage ne fait de réel bénéfice financier de la promotion du tourisme. Il est même parfois très délicat pour eux de joindre les deux bouts. Ce n'est généralement pas une activité que l'on choisit pour l'argent, mais parce que l'on aime profondément les gens. Quel crève-cœur quand je sais que ces individus que l'on taxe de vénalité sont en vérité des amoureux du Japon et de la France, des pères et des mères de famille, des passionnés qui investissent des sommes colossales de temps et d'argent afin de faire connaître une culture – la leur ou d'adoption – qui mérite de vivre encore longtemps.

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Sont-ils pour autant irresponsables ? Souvenons nous ici que dans un archipel qui s'étend en longueur sur plus de 2500 kilomètres, les réalités sont très diverses. Il n'y a certes pas de risque zéro. Mais entre un séjour dans le Tôhoku au nord du Japon et une visite à Okinawa au sud de l'archipel, le danger est considérablement moindre dans le second cas de figure. Je ne vous mettrais pas en garde outre mesure si vous alliez passer quinze jours dans le Kansai. En revanche, si vous envisagez de vous installer dans la ville de Sendai, proche de celle de Fukushima, pour les dix années à venir avec vos jeunes enfants, je vous inciterai à reconsidérer soigneusement votre projet. Il est normal, même sain, que des familles françaises ayant vécu le traumatisme du 11 mars aient remis en question leur volonté de continuer à vivre au Pays du Soleil Levant. Mais je connais également bien des individus sensés qui ont subi le séisme et qui ont malgré tout décidé de retourner là-bas plus ou moins longuement, parce que cela en valait la peine. Je suis moi-même retournée deux semaines à Shikoku l'année dernière. Je me porte bien, merci. Je n'ai (malheureusement?!) pas pris plus de risques que lorsque je vais rendre visite à ma famille dans le nord de la France, non loin de la centrale nucléaire de Gravelines.

 

La culture japonaise n'est pas morte

« Le Japon des animés, le Japon de Miyazaki, le Japon des mangas, le Japon des romans, le Japon à la cuisine raffinée, le Japon fun et rigolo n'existe plus » écrit Kaeru. Voilà une affirmation qui me plonge dans l'affliction. En toute honnêteté, je ne peux dire si ces Japons sont bels et bien morts, ni même s'ils ont jamais vraiment existé. Avant d'être le Japon des arts traditionnels ou celui des game centers, le Japon est pour moi avant tout le Japon des gens. Je ne parle pas ici de l'élite des politiciens conservateurs ou des trublions nationalistes qui défrayent la chronique. Non, je parle de ces gens qui se plient en quatre pour vous montrer les bons côtés de leur pays, de ces familles qui vous accueillent comme si vous étiez liés par le sang, de cet employé qui vous court après dans la gare pour vous signaler que vous pouvez prendre un train moins coûteux, de cette amie qui vous remercie de lui faire redécouvrir sa culture alors que c'est elle qui a sacrifié ses journées pour vous permettre de voyager, de ces bons vivants de tous âges qui vous racontent en riant des histoires sans queue ni tête autour de la table d'un bar typiquement japonais...

54Procession de Hanagasa Junkô pendant le Festival de Gion à Kyôto

Le Japon de ces gens-là n'est pas encore mort ! Le Pays du Soleil Levant n'est certes plus aussi candide qu'il l'était avant le 11 mars 2011, mais peut-on enterrer si vite un peuple qui a su se relever après l'horreur de Hiroshima ? Nombreux sont ceux qui se battent pour préserver ce que leur culture a de bon, et pour bâtir une société meilleure. Alors par pitié, ne renoncez pas à votre intérêt pour le Japon. Pour les Japonais, mais aussi pour vous. Parce que la culture nippone est tellement riche et variée que vous y trouverez selon toute vraisemblance votre bonheur. Cela fait maintenant plus de treize ans que j'ai été envoûtée par les charmes de l'archipel, et j'ai le sentiment qu'il me faudrait plusieurs vies pour pouvoir prétendre « connaître » le Japon. Il y a tant de choses à voir, à faire, à entendre, goûter, sentir... Vous pouvez prendre le parti de voyager au Japon, en vous informant au préalable(j'estime qu'il est dans tous les cas important de se renseigner quelque peu avant de partir à l'étranger, afin de se d'optimiser son séjour), de manière responsable. Je ne crois pas que vous ferez de mauvaise expérience. Même si vous décidez de remettre l'aventure à plus tard, n'abandonnez pas pour autant votre curiosité.

50Le quartier de Shinsaibashi à Osaka

Toutes sortes d'organismes s'emploient à promouvoir en France la culture japonaise auprès de ceux qui ne souhaitent pas ou ne peuvent voyager. Si vous lisez régulièrement mes élucubrations, vous connaissez déjà l'association Shikoku Muchûjin ; comptez entre autres l'Espace Japon, les sympathiques associations Japon et Culture à Lille et TENRI à Paris, la Maison de la Culture du Japon, le musée Guimet, les conférences des professeurs de l'Inalco et de Sciences Po, les boutiques Jûgetsudô et Chajin autour du thé, les innombrables cantines japonaises de la capitale (un excellent petit magazine nommé « Mogu Mogu » est disponible dans certaines d'entre elles et vous aidera à trouver de bonnes adresses), et les participants du festival Samurai Japon... Ce sont les premiers à me venir à l'esprit à l'instant, mais il y en a bien d'autres tout aussi méritants. Je ne peux tous les lister ici, et c'est quelque part une bonne chose, qui témoigne de la vitalité de la culture nippone en France.

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Voici également quelques liens qui vous permettront de suivre les vies de blogueurs qui sont retournés ou retournent au Japon (notez que ces personnes n'embrassent pas nécessairement mes propos et que je les mentionne ici parce que j'apprécie leurs qualités littéraires et leurs initiatives) : l'incontournable David d'Ogijima, Horizons du Japon et le blog de Niwatori pour jeter un œil à ce qui se passe du côté d'Osaka, Béné qui devrait bientôt nous donner ses impressions sur Fukuoka et ses environs, Asiemutée et ses superbes articles, Florent Weugue l'expert en thés, les photos et textes brillants de Stéphane Barbery, les reportages pleins d'humour sur En Direct de Tokyo, et enfin la rédactrice de l'Empereur et le Papillon, qui ne réside pas actuellement au Japon mais dont l'enthousiasme pour la culture japonaise me remplit de joie à chaque article. Encore une fois, je m'excuse de ne pouvoir tous les faire figurer ici. La communauté nipponophile française peut se vanter d'avoir beaucoup de sites de qualité.

 

 

Voilà, j'arrête ici mes tirades, soyez indulgents envers ce billet plus subjectif que d'habitude ! Libre à vous de continuer à débattre dans les commentaires, tant que cela se fait en toute civilité. La prochaine fois, je tenterai de vous parler d'un sujet moins fâcheux, comme ce qui fait une bonne pièce de Nô selon le dramaturge Zeami, ou les journaux des dames de Cour de l'ère Heian !  

Publié dans Japon contemporain

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pierre 26/05/2013 13:17


Aller à Shikoku c'est comme aller à proximité de la centrale nucléaire de Gravelines ? J'ignorais qu'il y a des problèmes de sécurité GRAVES avec la centrale nucléaire de Gravelines ..., mon ton
est bien sûr ironique , c'est la distance de Shikoku à Fukushima qui protège pour le moment encore l'île des radiations . Si tu vas près de Gravelines sans en mourir , c'est peut-être
parce que les derniers accidents à gravelines étaient notés de niveau 1 sur l'échelle INES et pas 7 comme à Fukushima . Tu ne peux PAS comparer deux niveaux de danger diamétralement opposés .


Mais un jour il y aura peut-être ( sans doute est plus probable) un incident nucléaire majeur en France , pays comptant le plus de centrales nucléaires et ce sera peut-être Gravelines , là alors
tu pourras comparer tes dépalcements à Gravelines avec des déplacements à Fukushima .


Des "fous furieux " nipponophiles aveuglés par leur passion de l'archipel ont été nombreux a minimiser si ce n'est nier les conséquences des problèmes continus à la centrale de Fukushima . Des
Kurii et Pastekos du Huffinghton post n'ont pas hésiter à insulter les internautes qui disaient et COURTOISEMENT que des problèmes à une centrale nucléaire devaient ê^tre pris avec sérieux



Les événements ont donné tort à ces ayattollah qui ont eu la lâcheté de supprimer leurs comptes pour ne pas se voir rappeler leur aveuglement par les autres internautes. 


Aujourd'hui , la population japonaise se rend compte que les soviétiques , ces démons de communistes , ont mieux géré la situation avec Tchenobyl que les autorités nippones .


Les Japonais découvrent qu'ils ont l'honneur d'être utilisés comme cobayes , que les soins médicaux devat protéger leur santé leur sont refusés sur l'archipel , qu'on les force à se soumettre à
des examens de santé mais qu'on refuse de leur communiquer les résultats .http://fukushima.over-blog.fr/article-problemes-de-thyroide-a-fukushima-une-population-cobaye-109484789.html


"Mon fils s’est fait refuser dans un hôpital qui se trouve à Nagano. J’avais déjà eu la même expérience
ailleurs aussi. Le médecin m’a dit qu’il peut soigner un petit rhume ou une blessure, mais pas la thyroïde ni les maladies qui seraient liées à la radioactivité. Il m’a aussi montré une fiche
« Avis sur le suivi de la santé des habitants de Fukushima » délivrée par la préfecture de Fukushima."


La région de Tokyo est aujourd'hui officiellement contaminée par les radiations car tous les braves experts ont oublié que les rivières et les fleuves propagent aussi les radiations .


http://fukushima.over-blog.fr/


 


   Un touriste a peu à craindre car par définition il reste peu longtemps sur place . 


JE VOMIS EN REVANCHE À LA GUEULE DE TOUS CEUX QUI ONT SOUTENU QUE LES ALARMES SUR LA CENTRALE DE FUKUSHIMA ÉTAIENT INFONDÉES ET QUI ONT TRAITÉ DE FOUS , D'ÉCOLO , DE TOUTES LES NOMS D'OISEAUX
POSSIBLES CEUX QUI POINTAIENT QUELQUES SEMAINES , MOIS DÉJÀ APRÈS LA CATASTROPHE LES MENSONGES ET LE MÉPRIS DE TEPCO ET DES POLITIQUES POUR LA POPULATION NIPPONE ET AUSSI CHISNOISE , CORÉENNE ,
ETC , CAR LES VOISINS DU JAPON FIGURENT SUR LES PLACES SUIVANTES DES ETATS QUI RISQUENT D'ÊTRE RAVAGÉS PAR TOUTE AGGRAVATION BRUSQUE DE LA SITUATION .

Zazen Rouge 26/05/2013 14:39



Pierre,


Merci pour cette opinion. Pourrions-nous en revanche adopter un ton un peu plus courtois? Je me suis sentie un peu agressée par les caps locks, d'autant plus que nous partageons au fond le même
avis sur ce qui c'est passé à Fukushima.


Quelques clarifications sont nécessaires au sujet de Gravelines. Quand j'ai amené cette comparaison, c'était bien pour désigner un séjour très court à Shikoku, et non les environs de Fukushima.
D'autre part, c'était également pour rappeler à ceux qui se sont moqués du peuple japonais pour leur naïveté que nous avions également en France des sources de préoccupations. La centrale de
Gravelines a été source d'inquiétudes pour moi quand j'étais plus jeune, car mon père travaillait juste à côté régulièrement. J'ai pu constater avec Fukushima que ces craintes n'étaient pas
totalement infondées.


J'ai bien mentionné que faire un séjour court et s'installer dans le Tôhoku pour le long terme ne représentaient pas les mêmes risques. J'attends à l'heure actuelle les résultats d'un entretien
qui me permettront peut-être de retourner vivre au Japon sur le long terme, peut-être dans une préfecture proche de Fukushima. C'est un choix que j'assume seule et que je ne recommanderais pas à
la légère.


J'ai à Fukushima des familles qui sont si proches de moi que nous considérons être du même sang. L'accident de Fukushima est pour moi une source d'angoisse et de ressentiments perpétuels. Pour
des raisons liées à mon histoire personnelle, je ne me sens aujourd'hui pas le droit de parler au nom de mes familles/amis tant que je n'aurai pas vécu moi-même les complexités de leur
situation. 


Cela ne m'empêche pas de soutenir en conséquence certains élus et des projets d'aide aux habitants du Tôhoku qui peuvent prendre diverses formes. Je déplore que d'autres bloggueurs comme moi qui
soutiennent les mêmes causes se fassent constamment attaquer parce qu'ils emploient des méthodes différentes (plus discrètes ou moins conventionnelles) pour atteindre le même objectif. C'est un
facteur de division au sein d'une communauté qui n'est hélas pas encore majoritaire. 



Yakimono 15/12/2012 17:05


c'est vrai, le japon doit vivre , et le japon  vivra ! la culture japonaise est tellement riche qu'elle attise beaucoup la curiosité

海子Okasan 02/12/2012 18:15


Merci Julia ♥


Je suis vraiment très heureuse d'avoir de tes nouvelles!


J'attends l'arrivée de ton prochain billet (✿
♥‿♥) Et pour ce qui est de l'apparence de ton blog, tu n'as aucune crainte à te faire! Ca sera réussi!


À bientôt ✿

Xavier Nast 25/11/2012 11:29


Remarque 12 ans après Tchernobyl, j'étais comme la plupart, insouciants, pas informés, ne
cherchant même pas à m'informer, c'est bien les physiciennes  Docteur ès Nucléaire de la Cogema, qui m'ont fait réfléchir et entamer une démarche de compréhension. Qui se résume à la
projection d'un petit atome  He4 qui se désorbite d'un plus gros  Pu239 et qui percute
des molécules de l'ADN des cellules environnantes, certaines cellules meurent mais mais d'autres  sont blessées  et les ADN s'auto réparant de manière hasardeuse.
Je maudis cettte rencontre, car aujourd'hui je serai encore aussi  impavide que la grande majorité.

Xavier Nast 25/11/2012 11:24


愛染 en 630 jours, je desespère de convaincre qui que ce soit, les gens doivent être touchés
personnellement pour commencer à comprendre et encore. Dans les séquences de l'imagination des gens il y a des sous programmes d'inhibition, qui nous font certainement
défaut.